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20.11.07 09:55


Moi aussi je suis

 

© Marion

_________

C’est déjà fini…
 

Ce n’est pas si simple.

Cela n’est pas non plus facile à expliquer.

Peut-être n’y a –t-il rien à en dire.

Peut-être que la page doit être simplement froissée.


C’est déjà fini…
 

Au fond, rien n’avait jamais vraiment commencé.

Ce ne fut qu’une sorte d’avortement prématuré.

Peut-être ne fallait-il pas se poser de questions ni réfléchir.

Peut-être qu’aller plus loin aurait été la rencontre du Pire.


Tout est terminé, murmura-t-elle en sanglot.
 

Dans ses mains, un livre sans le moindre mot.

Peut-être le temps a –t- il préféré les effacer ? 

Peut-être parce que leur lecture … aurait enfin été pour elle…  le moment de s’envoler ?

18.11.07 14:52


 

Il y a les gens qui répètent qu'ils ne savent plus où ils en sont. Ces gens là que l'on ne croit pas. Ceux qui ne sourient pas, et donc on ne croit le désarroi.Je ne changerai jamais. Je m'imagine, enfant, assise en haut du rocher d'escalade dont je connaissais toutes les prises. A regarder le paysage dans le froid, toute seule, ma peau collée sur la pierre rugueuse. Je m'imagine, grimper dans les bois pour atteindre ce recoin de solitude, mon long manteau s'empourprant de feuilles mortes. Aller me coucher contre la roche, la laisser épouser des larmes singulières. Regarder en bas, comme d'habitude. Courir et faire le saut de l'ange, mon corps immobile en bas de ce lieu caractérisant mes jeux de petite fille solitaire.

 

 

Les angoisses ne partent pas. Glues, collantes, suantes. Une bave qui vous enveloppe pour que votre estomac se retourne et s'écrase contre le parquet tout juste lavé. On tourne en rond, sous l'ombre faciale, un point final... plus envie de jouer avec mes crayons de couleur. De figurer sur mon tabouret en cours. Croyant qu'un avenir m'attend. La vie c'est la mort. La vie n'est que la cause de l'oubli. Rentrer en Savoie, ce week-end, bien envie. Balancer par la fenêtre peinture, dessins, et autres croquis. Lui dire va chier, à la mademoiselle. Me défigurer le visage afin que l'on ne me demande plus de venir faire des choses immondes dans un coin de rue. Ne plus voir les visages mornes dans le bus. Grelotter sous mon manteau. Grelotter sous ma peau. Grelotter d'être encore là,à répéter ce qui sera toujours.

15.11.07 17:22


Today is a fine day to scream my despair.  

 

 On fait du mal. Du mal sans le savoir.
Conscience inconsciente.
Le regard de l'autre ne ment pas. Un regard lointain que l'on cherche à capter, à saisir au creux de la main. Mais l'oeil se détourne, absent. Il ne veut pas voir. Les doigts se referment. Non pas en poing. En peine.
Et l'histoire se perpétue. Petit cachet blanc qui calme les nerfs sur lesquels les archets glissent. Rayent. Usent.
Dis moi ?
Le siècle où les excuses ne sont plus acceptées. Les mots ne sont plus qu'assemblages de lettres, de la mathématique, des équations dont on a beau trouver la solution, cela ne résoudra rien. Regarde moi.
Dis moi  ?
.
15.11.07 15:08






Elle attend toujours le soir. Se nappant d'un glaçage d'ombres dénuées du moindre diamant auquel s'accrocher pour parvenir à voir autour de soi.

Elle attend toujours le soir, parce qu'elle sait que c'est la moment propice où s'installer. Nul besoin de seringue pour la faire atteindre les valves d'un coeur qui, soudainement, va s'emballer. Tentant de s'arracher de son cocon de chair et de veines rugueuses. Elle sait. Elle n'est pas stupide. Elle sait. Elle n'en dément jamais.

Le soir. La nuit. L'obscurité silencieuse en laquelle on se débat les yeux grands ouverts, n'y voyant pas la moindre perle. Elle sait. Elle arrache le collier qui nous éclaire pour avancer. Elle n'est pas bête. Elle sait choisir ses victimes.

Je regarde les petits cachets blancs, et longs. Si je les prend, ils ne diminueront pas l'angoisse, ils m'endormiront. Je flotterai encore plus bas, dans ce monde où les nuages d'ébène sont invisibles. Pendant tout ce tems, le coeur danse le tango. Tragique, il bat à s'en boucher une artère. Les violons résonnent, je ne veux plus les entendre. La nuit tombe, je vais m'en aller.

Parce qu'elle attend toujours le soir. La Solitude.
14.11.07 17:07


Puisqu'il me faut un but, soit-disant, je tiens à dire qu'un jour, je saurai faire cela, et là, enfin, je serai fière.
10.11.07 20:09


Garde les yeux ouverts

Je m'accrochais à la barre, dans le bus. Indifférente aux regards mornes des autres passagers, les cernes pendantes, noirâtres de fatigue, les joues creusées, portées vers la gravité. La drogue licite glissent au coin de leur oeil sans lumière, eux, emmitoufflés sous un emballage funèbre.

Non, je ne regarde rien.

Ou seulement.

Droit devant moi. Ce paysage en agonie qui me porte chez moi. Etincelle que je ne peux que voir obscure.

Parmi eux.

Environnement de monstres. Et pourtant, cela semblait si romantique, ces feuilles d'automne, couleurs de soleil, glissant du ciel pour venir mourir sous nos pas pressés. Ecrasées par le bus me portant, écrasées par l'insensibilité.

Escaladant les travaux inachevés, je laisse la musique m'ennivrer. On me dit de me laisser pleurer, alors je laisse les larmes n'en faire qu'à l'heure tête. Eclaboussent les murs photographiés. Je ne sais pas ce qu'il y a, combien de fois faudra -t- il le leur répéter ? Crayon noir sous les yeux. Poudre noire sur la paupière usée. Mes lèvres craquent, gercées par le mal de vivre. Ce matin je me suis endormie. L'enseignant n'y a vu que du feu. Mes voisins n'ont pas osé briser mon sommeil.

Que l'on me laisse baiser le brouillard qui m'entoure.

Il était étonné, le psychiatre. De ma question, qu'attendez vous de la vie ? Sa réponse ne me sembla plausible. Je veux m'étaler sur le bois sale. Rouler sous les notes de musique, les choeurs mystiques. Arrêtez de me dire que je dois m'intégrer, ma vie n'est pas la vôtre, elle ne peut être décrite, elle se propage de neurones en neurones, folie déboussolée. Le coeur débranché, je porte un nouveau-né, un petit être pas si fragile puisqu'il suce le sang gonflant mes seins immondes de nature. Les gouttes s'étalent sur le sol. Mais il en redemande.

Le bonheur ne s'achète pas.

 

9.11.07 13:09


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